II.1) Effets sur le cerveau

La caféine agit principalement dans le cerveau en y empêchant l' adénosine de jouer son rôle par le blocage des récepteurs de l'adénosine. La molécule de caféine et celle d'adénosine sont structurellement proches. L' action primaire de la caféine est l'antagonisme de l'adénosine dans le cerveau, en se fixant sur les récepteurs de l'adénosine sans les activer.

L’effet stimulant du café lui vient en grande partie de son action sur nos récepteurs membranaires à l’adénosine. L’adénosine est un neuromodulateur du système nerveux central qui possède des récepteurs spécifiques. Quand l’adénosine se fixe sur ses récepteurs, l’activité nerveuse est ralenti et nous devenons somnolents. L’adénosine facilite donc le sommeil et dilate aussi les vaisseaux sanguins, probablement pour assurer une bonne oxygénation lorsque nous dormons.

Or, la caféine est un antagoniste des récepteurs à l'adénosine. Cela veut dire qu’elle se fixe sur les mêmes récepteurs, mais sans réduire l’activité neuronale. Il y a donc moins de récepteurs de disponibles pour le frein naturel qu’est l’adénosine, ce qui mène à une activation des neurones (voir animation).

 

Le principal mécanisme à l'origine des effets pharmacologiques produits par la caféine aux doses usuelles est un antagonisme des récépteurs de l'adénosine ( c'est un neuromodulateur du système nerveux central qui baisse l'activité nerveuse, ralentit la fréquence cardiaque, a un effet inotrope négatif... ). Cela signifie que la caféine se fixe sur les mêmes récepteurs que l'adénosine mais sans les activer, empêchant du coup l'adénosine d'agir.

Les effets indésirables de la caféine sont en général dose/dépendants, c'est-à-dire proportionnels aux concentrations de caféine dans le sang. Au niveau du système nerveux central, cela peut se traduire par de la nervosité, de l'agitation, des insomnies, des tremblements, et, à concentrations élevées, des convulsions voire un délire. C'est ce que l'on appelle le "caféinisme".

 

Un autre aspect de l'action de la caféine sur le corps humain est celui de la dépendance. La caféine rend-elle dépendant ? C'est une question complexe, à laquelle les deux réponses peuvent être données. Cependant, la thèse la plus plausible semble être que la caféine crée une dépendance psychique et physique, certes, mais toutes deux faibles. Elle est sans commune mesure avec par exemple le tabac. Toutefois, une personne étant habituée à une consommation soutenue de caféine ( plus de 300 mg/jour ) peut ressentir à son arrêt un syndrome de sevrage fait de maux de tête, de perturbation de l'humeur ( irritabilité ), de fatigue... Ces symptômes disparaissent généralement au bout d'une semaine.

L’activation de plusieurs circuits neuronaux par la caféine va aussi amener l’hypophyse à relâcher des hormones qui vont faire produire davantage d’adrénaline aux glandes surrénales. L’adrénaline étant l’hormone de la fuite ou de la lutte, elle va augmenter notre niveau d’attention et donner un pic d’énergie à tout notre organisme. Un effet que les buveurs de café recherchent souvent.

En général, chaque tasse bue est stimulante et la tolérance au café, si elle existe, n'est pas très importante. En revanche, il existe une dépendance physique. Les symptômes du sevrage apparaissent une ou deux journées après l'arrêt de la consommation. Ils sont constitués surtout de maux de tête, de nausées et de somnolence chez environ un individu sur deux.

Enfin, comme la plupart des drogues, la caféine augmente la production de dopamine dans les circuits du plaisir, ce qui contribue à entretenir la dépendance à cette drogue que consomment quotidiennement 90 % des adultes américains.

Ainsi, la caféine serait une "drogue" légale, la plus consommée au monde.  

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